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mercredi 29 janvier 2014

Communiqué du Front de Gauche : pour le droit à l’IVG en Espagne et en Europe

28 janvier 2014
Le droit à l’IVG est un droit fondamental pour l’émancipation et l’autonomie des femmes. Il est le garant d’une égalité réelle entre les femmes et les hommes. Conquis de haute lutte, ce droit pour les femmes à disposer librement de leur corps est sans cesse attaqué.
En Espagne, le gouvernement du Parti Populaire dirigé par Mariano Rajoy veut remettre en cause ce droit pour les femmes espagnoles. Le projet de loi supprime l'avortement sauf en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable. Si cette législation rétrograde renouant avec celle ayant eu cours sous Franco est adoptée, elle signerait un recul sans précédent, une véritable régression de civilisation.
De plus, non content de cette remise en cause au niveau espagnol, la droite espagnole veut porter le débat au niveau européen.
En France, l’exercice effectif du droit à l’avortement est fragilisé par la loi HPST qui a conduit à la fermeture de plus de 130 centres d’interruption volontaire de grossesse en 10 ans. En poursuivant cette politique, le gouvernement actuel contredit dans les faits, sa réaffirmation du droit à l'IVG. Ce droit est aussi sans cesse la cible d’assauts répétés des conservateurs et des intégrismes religieux qui se sentent maintenant renforcés par le possible recul espagnol.
Le Front de Gauche sera dans la rue le 1er février en solidarité avec les femmes espagnoles et tout le mouvement progressiste espagnol qui organisent ce même jour une manifestation baptisée « train de la liberté ».
Il sera présent aux côtés des organisations féministes à Paris et dans de nombreuses villes de France pour défendre le droit à l’avortement en France et en Europe et pour garantir aux femmes le libre choix d’avoir un enfant si elles le veulent et quand elles le veulent.

vendredi 5 juillet 2013

6 questions, 6 arguments pour défendre les retraites

Jean-Claude Mamet, Convergences et Alternative

Le gouvernement a décidé qu’il fallait encore et encore s’attaquer aux retraites. D’ailleurs la Commission européenne lui a soufflé très fort sa ligne de conduite, au cas où il l’aurait oubliée. Car telle est la situation depuis que la France hollandaise a voté le TSCG au mot près !
1. Pourquoi s’acharner encore sur les retraites ? 
Les réponses fournies par la commission Moreau, mise en place pour préparer l’opinion publique, sont absolument incroyables.  On nous dit que la contre-réforme Sarkozy de 2010 s’appuyait sur de mauvais calculs de croissance : « la durée et l’ampleur de la crise depuis 2008 affectent fortement les systèmes de retraite… ». On s’attendrait logiquement à des préconisations rompant avec de mauvaises prémisses. Pas du tout : la commission Moreau estime qu’il faut toujours « s’inscrire dans la trajectoire des finances publiques retenues par les pouvoirs publics et concourir au redressement des comptes publics et à la crédibilité internationale de la France ».  Donc on a fait des erreurs, mais il faut continuer. Les politiques publiques de gestion de la crise ont  tué l’emploi, cassé les salaires. Forcément, les régimes de retraites en pâtissent ! Mais il faut s’acharner. Et l’Europe veille au grain. Les règles adoptées par les gouvernements-notamment la surveillance budgétaire à priori (avant les parlements nationaux) et la règle d’or du TSCG- les institutions européennes leur demande maintenant de les appliquer. Le 29 mai, la Commission européenne, qui accorde à la France un délai de deux ans pour revenir dans les clous du déficit public, dresse une liste de 6 réformes structurelles à mener, dont celle des retraites, en détaillant même les mesures à prendre. Hollande s’est ému d’un tel diktat. Mais il s’aligne, alors qu’il faut désobéir ! Assumer l’affrontement avec les institutions européennes. 
2. On vit plus longtemps, il faudrait travailler plus longtemps ? 
Hollande en a fait un « principe », édicté lors de sa conférence de presse.  Un principe qui se rapproche bizarrement du « travailler plus » de Sarkozy. Et qui légitime après coup toutes les réformes régressives de la droite : 1993, 2003, 2010, toutes guidées par le « principe » Hollande. En 1982, quand le gouvernement Mauroy a instauré le droit à la retraite à taux plein passant de 65 à 60 ans, l’espérance de vie augmentait déjà. Mais la gauche de cette époque (avant le tournant libéral de 1983-84) ne concluait pas que lorsqu’il y a des progrès de santé aux âges avancés, il faut les compenser en souffrant plus longtemps au travail. L’aspiration populaire, reprise à gauche, était qu’on devait profiter d’une retraite en bonne santé et qu’on devait réduire la durée du travail sur la semaine et sur la vie. D’autant que la productivité du travail  compense l’augmentation plus forte du nombre des  retraités (dits faussement « inactifs ») que celui des actifs, et donc la part de richesses supplémentaires qu’il convient de leur attribuer.  On pourrait tenir le même raisonnement avec le baby-boum d’après-guerre : l’augmentation des naissances (des inactifs donc) a capté une part supplémentaire de la richesse nationale (allocations, écoles), sans que personne alors ne crie à une faillite prochaine.  Seulement dans ces années-là, la société (ou le rapport des forces sociales) admettait que les gains de productivité profitent aussi au bien public commun, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui, où les gains de productivité vont essentiellement aux dividendes.  On a donc le droit de vivre plus longtemps, selon le « principe « Hollande, mais plus pauvrement, en entrant plus tard à la retraite, en subissant une décote et en risquant une dégradation de sa santé. 

lundi 18 février 2013

Chroniques romaines

Episode 1 – Sur un air de chanson populaire


Danièle Obono, 18 février 2012
  
Elles et ils ont entre 25 et 30 ans. Enfants de ce qu’on a appelé la « classe moyenne », enchainant les petits boulots précaires, de gauche sans être militant-e-s.
La scène se passe un samedi soir, à Rome, quartier du Pigneto. C’est la finale du célèbre et très populaire festival de musique de San Remo retransmis en direct à la télévision. En attendant les résultats des votes du concours, c’est l’intermède politico-humoristique. Il est question des prochaines élections générales qui ont lieu dans moins d’une semaine, les 24 et 25 février. L’acteur-chroniqueur Claudio Bisio fustige ceux « qui disent une chose et en font une autre…ne tiennent pas leurs promesses…sont incompétents…menteurs….peu fiables ». « Renvoyons les tous chez eux ! » lance-t-il sous les applaudissements du public à San Remo et au Pigneto. Puis, prenant tout le monde à contre-pied, il précise : « Ah mais attention, je ne parle pas des élu-e-s mais des électeur-trice-s, je parle de nous, les Italien-ne-s, parce que c’est nous qui leur avons donné un mandat, c’est nous qui les avons élu ». En gros : les politicien-ne-s sont à l’image des gens, donc on a les politicien-ne-s qu’on mérite. Et de poursuivre sur les failles et l’hypocrisie de toute la culture politique du pays. Le propos, délivré sur des airs de trompette en mode mineur, est sévère voire moraliste. Et si le monologue se termine néanmoins par un appel à aller voter, pas sûr que cela ait convaincu la petite bande du Pigneto.

mardi 2 octobre 2012

Contre le traité et l'austérité: le 30 n'est qu'un début, la lutte continue

Communiqué de presse du Front de gauche après le 30 septembre 

Paris, 30 septembre 2012 - Photo S. Burlot
Le Front de Gauche se félicite de la grande réussite de la manifestation nationale du 30 septembre organisée par 65 organisations (associations, syndicats, forces politiques) pour une Europe Solidaire et contre le Traité d'austérité. Sa diversité syndicale, associative et politique a payé et entraîné une importante dynamique citoyenne. Cette manifestation de plus de 80 000  personnes marque une étape importante dans la mobilisation contre le traité et plus largement les politiques d'austérité qui sévissent en Europe comme en France. Tous ensemble, nous avons largement participé à ce que le débat public s'ouvre sur les enjeux de ce traité. Les deux semaines qui s'ouvrent au parlement doivent être l'occasion d'amplifier encore ce débat.





lundi 17 septembre 2012

Ensemble contre la ratification du traité d’austérité !

Bulletin Convergences et alternative, supplément spécial Fête de l’Humanité, n° 11, septembre 2012

A peine avons nous par millions uni nos forces pour chasser la droite du gouvernement, que les libéraux au pouvoir en Europe, les patron-ne-s du Medef, et tou-te-s les nostalgiques du sarkozisme se mettent à faire front pour marquer leur camp et obtenir une généralisation des politiques d’austérité. On ne peut les laisser continuer à faire la loi.
Devant leur offensive, elles et ils trouvent un nouveau gouvernement qui, malgré quelques annonces minimales, n’a même pas l’audace de tenir, face à elles et eux, ses quelques engagements de campagne électorale sur la renégociation du traité européen Merkozy ou la promesse de ne pas laisser faire la fermeture de l’usine de PSA à Aulnay. 
En ce mois de rentrée sociale et politique, la petite musique médiatique prend, sur la question des urgences de l’heure, une drôle de tournure. François Hollande doit-il accélérer son action ? Sa baisse de popularité dans les sondages vient-elle d’une « impatience » des électeur-trice-s ? Accélérer sans doute, mais pour quoi faire ? Quels sont le programme, le contenu de la politique gouvernementale ? Nous sommes vite éclairé-e-s quand nous apprenons qu’il s’agit d’accélérer des « réformes », qui sonnent comme « avant », ressemblant aux contreréformes néolibérales, même enrobées de quelques mesures compensatoires. 

vendredi 7 septembre 2012

Non à l’austérité permanente : refusons le Pacte budgétaire, ouvrons le débat en Europe !

Le président de la République veut faire ratifier au plus vite par le Parlement le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro, plus connu sous l’intitulé de « Pacte budgétaire », tel qu’il a été signé par Nicolas Sarkozy le 25 mars dernier. Pourtant, les faibles mesures « de croissance » annoncées le 29 mai dernier ne constituent en rien la « renégociation » promise par le candidat François Hollande d’un traité qui « ajoute l’austérité à l’austérité ».
Ce Pacte budgétaire aggrave les politiques néolibérales prônées depuis des années et qui ont mené aux problèmes actuels de la zone euro. Il représente d’abord une absurdité économique. En imposant que le « déficit structurel » d’un État soit inférieur à 0,5 %, il va obliger à des coupes drastiques dans les dépenses publiques. Il va priver la puissance publique de moyens indispensables pour mener des politiques permettant d’engager la transition sociale et écologique. Or nous avons besoin au contraire de développer et de rénover les services publics et la protection sociale pour répondre aux nombreux besoins non satisfaits, réduire les inégalités sociales et réaliser l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous avons besoin d’investissements publics considérables pour financer la transition énergétique, réduire les pollutions, assurer la reconversion écologique des modes de production et de consommation, créer des millions d’emplois. L’obligation d’équilibre budgétaire permanent sera un frein majeur pour s’attaquer à la crise sociale et écologique.

mercredi 29 août 2012

L’heure est au rassemblement contre le traité européen

Communiqué du Front de Gauche, Paris, le 29 août 2012

Le gouvernement a décidé de faire ratifier le traité européen tout début octobre par le Parlement. Il s’agit d’une décision importante pour la France comme pour le devenir de l’Europe. 
Le MEDEF vient d’appeler à la ratification sans condition du traité mis en place par Madame Merkel et Monsieur Sarkozy tout en continuant de réclamer de nouveaux cadeaux pour le patronat en termes d’allègement d’impôts et de cotisations sociales.
Le Front de gauche tient à rappeler son opposition totale à ce pacte budgétaire qui renforcerait encore toutes les politiques conduisant à la fois à la régression sociale, à l’aggravation de la crise écologique, au déni démocratique et à la récession économique en Europe comme en France. Il entend donc mettre tout en œuvre pour que la France ne le ratifie pas. Le Front de gauche, pour sa part, se prononce pour l’organisation d’un référendum permettant de respecter la souveraineté populaire.
Il salue les voix de plus en plus nombreuses qui à gauche, au Parlement, dans le monde syndical et dans la diversité du mouvement social s’élèvent contre la ratification de ce pacte budgétaire.
Il estime nécessaire de mener une campagne rapide, dynamique et pédagogique afin de souligner les enjeux et les dangers liés à ce pacte budgétaire et de mettre le Président de la République, le gouvernement et les parlementaires devant leurs responsabilités.
C’est dans ce cadre qu’il a lancé le principe d’une grande manifestation nationale contre ce traité afin de contribuer au rassemblement de toutes celles et ceux qui veulent défendre les chances d’une politique alternative aux logiques financières. Il propose cette initiative au « collectif de l’audit de la dette » dans la perspective de la réunion que celui-ci organise le 4 septembre prochain.
Il partage le souci d’inscrire cette action dans la durée afin de créer les conditions en France et en Europe de combattre les politiques d’austérité et de construire une autre Europe.
Il souhaite que la manifestation nationale, comme l’ensemble des initiatives prises, soit coorganisée par le maximum d’organisations associatives, syndicales et politiques. L’heure est au rassemblement, c’est la voix de l’efficacité et c’est urgent.

mercredi 18 juillet 2012

Refuser de ratifier le pacte budgétaire européen

Stéphanie Treillet, Convergences et alternative, n° 11, juillet 2012, p. 7-8.

On ne pourra mener une politique à gauche en acceptant un pacte d’austérité imposé à toute l’Europe. Il faut se mobiliser pour la non-ratification au Parlement et pour un référendum.
Les décisions qui sont sorties du Conseil européen des 28-29 juin représentent, pour toute l’Europe, un pas de plus dans l’austérité et le déni de la démocratie. Les engagements pris par F. Hollande, venant à la suite de son approbation de la constitution, par l’alliance Nouvelle démocratie-Pasok, du gouvernement pro-austérité en Grèce, vont dans le même sens.
Les députés et sénateurs du Parti socialiste, à quelques trop rares exceptions près, s’étaient abstenus en mars dernier sur le Mécanisme européen  de stabilité (MES) assorti de la « règle d’or » du Pacte budgétaire, avançant la promesse qu’une fois élu à la présidence de la République, F. Hollande le renégocierait avant toute ratification par la France.
Ce nouveau « Traité sur la stabilité, la coordination et le gouvernance » (TSCG) représente en effet un tour de vis supplémentaire dans l’austérité par rapport au Pacte de stabilité et de croissance, adopté en 1997, qui obligeait les pays membres de la zone euro à maintenir des déficits publics (1) inférieurs à 3 % du PIB. Aucun pays, pas même l’Allemagne, n’a pu au cours de ces années respecter cette règle en permanence, et la France fait l’objet d’une surveillance renforcée depuis plus de dix ans du fait de son « déficit excessif ». Le nouveau Pacte budgétaire prévoit que les déficits structurels ne pourront pas dépasser 0,5 % du PIB (le déficit structurel désigne les déficits publics hors effets des variations de la conjoncture économique, mais c’est un indicateur sur la mesure duquel tous les économistes ne s’accordent pas !), ce qui aura pour conséquence d’entraver non seulement toute mesure budgétaire de relance de l’activité économique, mais également d’interdire toute augmentation des investissements publics (recherche, infrastructures, éducation…) pour l’avenir.

mardi 3 juillet 2012

Chronique athénienne

Carnets de voyage en terre hellène, par Danièle Obono

Mercredi 27 juin
Arrivée à Athènes pour le festival « Resistance 2012 », le rendez-vous estival national de KOE. L’accueil est chaleureux et impeccable. Comme à Héraklion, les camarades ont enchainé deux campagnes législatives consécutives (en mai et en juin) et la préparation de cette initiative. Chapeau bas !
Direction le siège de KOE, un bel immeuble situé dans le quartier Rouf, une ancienne zone industrielle en court de réhabilitation. Au rez-de-chaussée, les camarades tiennent un bar-café politique @Ρουφ où sont organisés débats politiques, concerts, pièces de théâtre, projections ciné, etc.  Dans les étages se trouvent des salles de réunions et l’équipe de rédaction de leur journal hebdomadaire « Δρόμος της Αριστεράς » (« Dromos tis Aristerás », qui signifie « le chemin de la gauche »). Sur le trajet, on passe notamment devant le Parlement grec et la fameuse place Syntagma (Πλατεία Συντάγματος, Platía Syntágmatos), où se sont déroulées l’occupation et les grandes manifestations anti-austérité et pro-démocratie de 2010-2011. La dernière grande mobilisation a eu lieu en février 2012 avec près de 500 000 personnes rassemblées sur la place pour protester contre les nouvelles mesures d’austérité du gouvernement d’intérim Papademos. Puis, c’est dans les urnes que la contestation s’est faite entendre, à travers le résultat de Syriza. Si la droite est arrivée en tête, c’est au moyen d’une propagande inouïe, relayée par tous les gouvernements européens. Mais la situation est loin d’être stabilisée. Face au gouvernement austéritaire, le peuple reste attentif, la rue veille...
Au siège de KOE, ce sont les retrouvailles avec Petros Al Ahmar qui a déjà été notre traducteur pendant le festival crétois « MayDays »[1]. Avec Errikos Finalis et Tina Strikou, active militante de la solidarité avec la Palestine qui revient d’un séjour de plusieurs mois au Moyen-Orient, il forme la sympathique petite équipe de KOE chargée des délégations étrangères. Le séjour athénien peut commencer !

jeudi 28 juin 2012

Chronique crétoise

Carnets de voyage en terre hellène, par Danièle Obono

Vendredi 22 juin 
Arrivée tardive à Héraklion en Crète pour le festival « Maydays 2012 » (Delayed [1])  organisé par l’Organisation communiste grecque (Κομμουνιστική Οργάνωση Ελλάδας, Kommunistiki Orgánosé Elládas, KOE), de tradition marxiste-léniniste et maoïste, qui est la deuxième plus grande composante de la Coalition de la gauche radicale Syriza (Συνασπισμός Ριζοσπαστικής Αριστεράς, Synaspismós Rhizospastikís Aristerás). Organisé depuis 5 ans, il mêle débats politiques et événements culturels qui attirent pendant deux jours une foule de jeunes militant-e-s venant de toute l’île. Les débats se tiennent en plein air dans un parc de la ville. Ils ont commencé en fin d’après-midi par une table-ronde sur la coordination des mouvements avec des interventions de représentant-e-s du comité d’audit citoyen d’Héraklion, du collectif local contre le projet (d’une société…allemande !!) d’installation éolienne et solaire qui menace la communauté, du comité contre les mines, et d’un député de Syriza. Ensuite, concert de musique traditionnelle crétoise, parce que l’art est politique et la politique est aussi affaire de joie et de convivialité. La banderole à l’entrée du parc proclame fièrement : « Με τους λαούς στο προσκήνιο, υπάρχει διέξοδος ! ». En français, ça donne quelque chose comme : « Avec le peuple sur le devant de la scène il y a une issue! ». Tout un programme…

mercredi 7 mars 2012

Pourquoi il ne faut pas suivre le modèle allemand...

[Un court argumentaire fort utile qui circule en ce moment dans les réseaux militants et syndicaux, à faire connaitre largement.]

Manifestation de soutien au peuple grec (Paris, 18/01/2012). Source: http://photos.placeaupeuple2012.fr/2012/02/19/851/

-  Pas de salaire minimum :  un rapport de l’Institut du travail de l’université de Duisbourg-Essen a établi que plus de 6,55 millions de personnes en Allemagne touchent moins de 10 euros brut de l’heure – soit 2,26 millions de plus en 10 ans. Par ailleurs, 2 millions d’employés gagnent moins de 6 euros de l’heure Outre-Rhin et, en ex-RDA, ils sont nombreux à vivre avec moins de 4 euros par heure, c’est-à-dire moins de 720 euros par mois pour un temps complet.
-  Pauvreté : 6,5 millions de travailleurs, c’est à dire 22% des actifs, vivent sous le seuil de pauvreté. Les 10% des travailleurs les plus pauvres ne gagnent que 259 euros par mois. Les 10% d’au dessus gagnent seulement 614 euros par mois. Il y a 12 millions de pauvres (= moins de 940 euros par mois pour 1 personne seule) sur 82 millions d’habitants), soit 15% de la population (c’est plus qu’en France). Entre 1992 et 2006, le revenu des 10% les plus pauvres a baissé de 13%, tandis que celui des plus riches s’est accru d’un tiers. 42% des familles monoparentales vivent de l’allocation Hartz IV (équivalent de notre RMI). 70% des chômeurs allemands vivent sous le seuil de pauvreté. Il y a 7 millions de Hartz IV en Allemagne. Les 660 euros que touchent en moyenne les allocataires d’Hartz IV sont inférieurs au seuil de pauvreté. Ces allocataires ne comptent pas dans les chiffres du chômage. En février 2010, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a finalement déclaré la Loi Hartz IV constitutionnelle, mais demandé au législateur de revaloriser l’allocation de base. La Cour a notamment jugé que le mode de calcul retenu violait le droit au “minimum vital digne” garanti par la constitution. De 359 euros par personne, l’allocation minimum a depuis été revalorisée à 374 euros…
-  Baisse du pouvoir d’achat : 80% des actifs ont perdu du pouvoir d’achat entre 2000 et 2010. La baisse du pouvoir d’achat est en moyenne entre 2000 et 2012 de 2,5% pour l’ensemble des salariés, pour les 5 catégories les plus précaires de 5 à 22% .

mardi 20 décembre 2011

Contre l’Europe du « Merkozy », des initiatives de la gauche européenne pour une issue sociale et démocratique


Oskar Lafontaine (Die Linke) et Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) à Strasbourg le 14 décembre 2011. Source: "L'oeil de la campagne"
Jusqu’où iront les chefs d’Etat et de gouvernement d’Europe ? 
Jusqu’à piétiner la démocratie, la souveraineté populaire, le droit des peuples à décider. Ainsi Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont imposé à 26 Etats sur 27 la course vers un nouveau traité, un super-Maastricht, du nom du traité qui décidait l’euro et imposait ensuite un Pacte de gestion (pas plus de 3% de déficit public, pas plus de 60% du PIB pour les dettes) uniquement dirigé contre le niveau des salaires, des retraites, des dépenses publiques. Ensuite, la crise mondiale de 2008 n’a fait que transférer aux Etats les montagnes de dettes privées qui permettaient au capitalisme de tourner au profit des actionnaires et des rentiers. Aujourd’hui, devant la pression des marchés et des agences de notation qui menacent toute l’Europe de dégradation, Merkel et Sarkozy veulent frapper un grand coup : installer une police politique européenne de l’austérité, qui deviendrait la loi constitutionnelle de toutes les sociétés. Ils veulent créer un choc politique et psychologique auprès des peuples : choisir entre  l’enchaînement à la finance mondiale, ou le chaos. Cela n’empêche nullement N. Sarkozy par ailleurs de courir sur les traces de M. Le Pen et ses discours nationalistes. 
Eh bien, il faut dire NON, comme nous avons dit NON en 2005. F. Hollande se prononce pour renégocier, s’il est élu, le traité Merkozy prévu pour mars 2012. Il dit : faites-moi confiance. Mais en 2005, il a voté oui ! Seule une mobilisation et un rassemblement massif à gauche peuvent imposer une autre vision de l’Europe, coopérative, basée sur le renforcement des droits sociaux et le blocage du pouvoir de la finance. Un des enjeux de la campagne du Front de gauche dès janvier. 

Convergences et alternative, 20 décembre 2011


A lire et à diffuser largement
- La déclaration « Moins de “Merkozy”, plus d'Europe sociale et démocratique! » adoptée le 12 décembre 2011 à Bruxelles par le conseil des présidents du Parti de la Gauche Européenne.
- La déclaration commune, le 14 décembre 2011 à Strasbourg,  de Jean Luc Mélenchon et Oskar Lafontaine(co-fondateur de Die Linke en Allemagne) qui lancent un appel aux salarié-e-s français-e-s et allemand-e-s pour des actions et des politiques convergentes afin de reprendre le contrôle sur le système financier et défendre les acquis sociaux, et exigent la convocation de référendums dans les deux pays sur les nouveaux traités européens en préparation.
- L’action concertée du Front de gauche et de Die Linke devant leurs parlements respectifs: « Les gauches française et allemande passent à l’attaque ».

samedi 26 novembre 2011

Un directoire Sarkozy-Merkel... ou une Europe solidaire

Jean Claude Mamet, bulletin Convergences et alternative, n° 9, 22 novembre 2011, p. 1-2.  

Et de deux ! En quelques jours, deux gouvernements tombent en Europe, fauchés par la pression des marchés et des agences de notation. Personne ne se plaindra du sort de Berlusconi. Le peuple grec ne pleurera pas non plus le « socialiste » Papandréou. Il a cru jouer un coup d’autorité politique par un référendum (sans doute pour calmer la mobilisation populaire croissante), avant de se coucher devant le duo Merkel-Sarkozy. Le Merkozy, nouveau condominium germano-français à la tête d’une Europe qui craque de partout, est allé jusqu’à lui dicter les termes de sa consultation, pourtant parfaitement légitime, au point de la transformer en reddition : il valait mieux quitter la scène. Le rouleau compresseur libéral-financier ne fait donc pas dans la dentelle : il descend aussi bien un chef de gouvernement d’ultra-droite qu’un soi-disant socialiste. Inversement, la droite pourrait reprendre le pouvoir dans l’Etat espagnol, comme elle l’a déjà fait au Portugal, contre une gauche veule et disciplinée. Quant à la Grèce, les socialistes du PASOK sont maintenant pieds et poings liés dans une alliance droite, gauche, extrême-droite, dirigée par un ex-gérant de la BCE. Autant dire le suicide politique.
Pendant ce temps, l’indignation populaire monte partout. Mais son devenir n’est pas écrit. D’un côté – et c’est le bon côté – elle est porteuse d’invention politique dans les nouveaux mouvements massifs d’occupation des rues (« indignés »), qui a atteint Wall Street après la Puerta del Sol de Madrid, et qui bouscule toutes les routines traditionnelles de l’action sociale, plaçant la solidarité et la démocratie au cœur du projet pour « faire société ». D’un autre côté – très inquiétant – la course de vitesse est engagée entre la prise de distance massive des peuples vis-à-vis des « politiques » (plus de 60% des Français-e-s ne font plus confiance en personne, selon le Centre d’étude de la vie politique française), et le choix entre l’offensive autoritaire libérale-technocratique (le Merkozy), parée d’un vague idéal fédéraliste européen, et l’attrait alarmant des nouveaux réactionnaires, épousant la souveraineté populaire dans un sens national-social, non solidaire,  racialisé. 

mardi 15 novembre 2011

« Le gouvernement d’union nationale prélude à l’approfondissement ultérieur de l’affrontement de classe »

Yorgos Mitralias, membre fondateur de la Campagne Grecque pour l’Audit de la Dette (www.elegr.gr) et du Comité contre la Dette - CADTM grec (www.contra-xreos.gr), 8 novembre 2011
 

« Pourquoi tout à coup cette inquiétude cette confusion (comme les visages sont devenus graves). Pourquoi les rues, les places, se vident-elles si vite et chacun rentre chez lui très soucieux? C’est que les barbares arrivent aujourd’hui et que ces choses-là éblouissent les barbares. » K. Kavafis, En attendant les barbares (extrait)

Pourquoi toute cette agitation grecque et internationale ? Pourquoi les menaces et les chantages, pourquoi les intrigues florentines, pourquoi tout ce psychodrame politique athénien sur fond de tragicomédie cannoise? Et pourquoi finalement « l’union nationale » grecque tant désirée par les maitres cuisiniers de Berlin, de Paris, de Washington et d’ailleurs? Pourquoi ?... Et bien, c’est simple : parce qu’il fallait coûte que coûte empêcher la venue des « barbares », l’irruption des masses grecques révoltées sur la scène politique. Parce qu’il faillait retarder le plus possible la tenue de ces élections générales tant souhaitées par la plèbe en colère et encore plus redoutées par l’Alliance Sacrée des chanceliers et des banquiers !