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mercredi 29 janvier 2014

Communiqué du Front de Gauche : pour le droit à l’IVG en Espagne et en Europe

28 janvier 2014
Le droit à l’IVG est un droit fondamental pour l’émancipation et l’autonomie des femmes. Il est le garant d’une égalité réelle entre les femmes et les hommes. Conquis de haute lutte, ce droit pour les femmes à disposer librement de leur corps est sans cesse attaqué.
En Espagne, le gouvernement du Parti Populaire dirigé par Mariano Rajoy veut remettre en cause ce droit pour les femmes espagnoles. Le projet de loi supprime l'avortement sauf en cas de danger prouvé pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, ou après un viol ayant fait l'objet d'une plainte préalable. Si cette législation rétrograde renouant avec celle ayant eu cours sous Franco est adoptée, elle signerait un recul sans précédent, une véritable régression de civilisation.
De plus, non content de cette remise en cause au niveau espagnol, la droite espagnole veut porter le débat au niveau européen.
En France, l’exercice effectif du droit à l’avortement est fragilisé par la loi HPST qui a conduit à la fermeture de plus de 130 centres d’interruption volontaire de grossesse en 10 ans. En poursuivant cette politique, le gouvernement actuel contredit dans les faits, sa réaffirmation du droit à l'IVG. Ce droit est aussi sans cesse la cible d’assauts répétés des conservateurs et des intégrismes religieux qui se sentent maintenant renforcés par le possible recul espagnol.
Le Front de Gauche sera dans la rue le 1er février en solidarité avec les femmes espagnoles et tout le mouvement progressiste espagnol qui organisent ce même jour une manifestation baptisée « train de la liberté ».
Il sera présent aux côtés des organisations féministes à Paris et dans de nombreuses villes de France pour défendre le droit à l’avortement en France et en Europe et pour garantir aux femmes le libre choix d’avoir un enfant si elles le veulent et quand elles le veulent.

mercredi 8 janvier 2014

Communiqué de rentrée du Front de gauche

Paris, 7 janvier 2014

Pour ses vœux 2014 aux Français-e-s, le Président de la République a décidé de maintenir le cap de la compétitivité et de renforcer son pas de deux avec le MEDEF !
« Moins de charges sur le travail, moins de contrôles sur les activités et en contrepartie plus d’embauches et de dialogue social ». Le pacte de responsabilité proposé aux entreprises s’inspire directement des propositions patronales et fait déjà le bonheur de Pierre Gattaz qui attend mi janvier pour découvrir les nouveaux cadeaux fiscaux et les nouveaux allègements de charges qui lui seront octroyés.
 Inversement, dans les propos de François Hollande, on ne retrouve aucune référence à la souffrance sociale, nulle empathie envers une population qui a déjà été durement touchée par la précarité et le chômage ; pas la moindre référence aux organisations syndicales ! Et la reprise du discours patronal sur les prétendus « abus » de la Sécu !
Au contraire, la perspective d’avancer par décrets pour accélérer le mouvement de réformes, de procéder à de nouvelles réductions dans les dépenses publiques impactant directement les collectivités locales et la protection sociale vient encore rétrécir l’espace des solidarités.
Et que dire des deux seuls changements intervenus au 1er janvier 2014 : la hausse de la TVA et l’acharnement du procureur contre les 5 de Roanne alors même qu’aucune lois d’amnistie n’a été votée depuis juin 2012!
Bref, Hollande et son gouvernement ont choisi d’accentuer encore le cours libéral de leur politique, au mépris de l’urgence sociale
Le Front de gauche s’oppose à la politique libérale de ce gouvernement dont l’orientation nourrit la désespérance et fait le lit de l’extrême droite.

samedi 7 décembre 2013

Le combattant anti-apartheid est mort

Communiqué de Ensemble ! Mouvement pour une alternative à gauche écologiste et solidaire, 6 décembre 2013

L’apartheid avait institutionnalisé racisme et ségrégation à l’encontre des populations noires, métisses et indiennes.
Ce système lui avait volé 27 ans de sa vie. 27 ans derrière les barreaux dans l’île de Robben Island.
Le pouvoir blanc a tout fait pendant des décennies pour briser la résistance à l’apartheid, avec le silence complice de la majorité des grandes puissances occidentales.
Par la violence, l
’enfermement dans les townships, les massacres comme à Sharpeville et à Soweto, les assassinats systématiques, en Afrique du sud et jusqu’à l’étranger, de militant-e-s comme Steve Biko ou Dulcie September.
En 1964, Nelson Mandela et ses camarades de l’ANC avaient été condamnés à la prison et aux travaux forcés à perpétuité.
En 1990, Nelson Mandela sort de prison, sans avoir jamais cédé.

Il devient le premier président noir d’Afrique du Sud, et engage une politique de réconciliation sans jamais oublier les crimes de l’Apartheid.
Il n
’exercera, en dépit de son immense popularité, qu’un seul mandat.
En 1994, quand il fut désigné comme président à la suite des premières élections démocratiques, il figurait encore sur la liste des « terroristes » aux USA et l’ANC ne fut retirée de cette liste que bien plus tard.
Engagé à gauche, avec l’ANC, dans la lutte contre l’apartheid et les discriminations depuis 1944, comme pour l’égalité, les droits politiques, économiques et sociaux, ayant participé à de nombreuses luttes, y compris en recourant à « la violence organisée », selon ses propres termes, Nelson Mandela restera pour la jeunesse et les peuples du monde entier, un symbole de la résistance aux oppressions.

Nelson Mandela est mort, Madiba est parmi nous.

jeudi 5 décembre 2013

Pour l’égalité des droits et contre le racisme !

Une situation qui s’est aggravée
Le 3 décembre 1983, 100 000 personnes marchaient à Paris contre les violences policières, la double peine, les discriminations et pour la reconnaissance des enfants des immigré-e-s postcoloniaux comme des citoyen-ne-s à part entière.
30 ans après, le Président et la majorité PS-EELV, pourtant élus sur l’engagement de lutter contre le contrôle au faciès et d’accorder le droit de vote aux étranger-e-s, enterrent une fois de plus leurs promesses.
30 ans après, Manuel Valls, à l’Intérieur, applique la même politique que Sarkozy (expulsions des Sans-papiers, harcèlement des Rroms, stigmatisation des Musulman-e-s…), et encourage ainsi les attaques racistes de la droite et l’extrême-droite comme celles à l’encontre de la ministre de la Justice Christiane Taubira.
30 ans après, le racisme structurel s’est décomplexé. Aux effets de la crise dont elles et ils sont souvent les premières victimes, s’ajoutent les violences et les discriminations que subissent au quotidien Arabes, Noir-e-s, Musulman-e-s, gens du voyage et immigré-e-s à tous les niveaux : emploi, logement, éducation, culture, loisirs, police, justice, histoire, mémoire...

Contre les divisions racistes, ouvrons un autre horizon
Le capitalisme met en concurrence groupes et individus. Le racisme les hiérarchise et les opprime. Il permet de maintenir le statu quo en désignant des boucs-émissaires et en créant un faux sentiment d’identité et d’unité nationales.
Plutôt que de s’opposer aux patrons qui licencient pour augmenter leurs profits, certain-e-s s’en prennent aux étranger-e-s. D’autres accusent leurs voisin-e-s d’une autre religion ou couleur de peau qui subissent pourtant tout aussi durement la casse des services publics et de la protection sociale. Résultat : les riches et les dominant-e-s sont épargné-e-s, les salarié-e-s et classes populaires résistent en ordre dispersé et toute le monde y perd.
Notre diversité est une richesse humaine et culturelle. L’immigration n’est pas un problème, bien au contraire : elle « rapporte » chaque année des millions d’euros en impôts et en cotisations sociales. Nos intérêts en tant que classe sont les mêmes et nos combats doivent être convergents. Ne laissons pas le racisme nous diviser et nous affaiblir !

Une autre politique de lutte contre le racisme et la xénophobie est possible !
Les 18 millions d’électeur-trice-s qui ont chassé Sarkozy en 2012 ne l’ont pas fait pour voir la même politique et entendre les mêmes discours racistes et xénophobes se continuer ! Une véritable politique de lutte pour l’égalité et contre les discriminations est urgente, nécessaire et possible. Elle nécessite des mesures concrètes.
  • Instauration d’un récépissé de contrôle d’identité pour lutter contre le contrôle au faciès ; encadrement strict des forces de l’ordre ; commission d’enquête indépendante sur les crimes et les violences policières 
  • Fin de l’impunité des auteurs de crimes racistes et soutien aux familles des victimes
  • Arrêt des expulsions ; fermeture des centres de rétention ; régularisation des Sans-papiers ; délivrance d’une carte de résident-e de 10 ans avec renouvellement de droit
  • Abrogation de toutes les lois et circulaires racistes, de Pasqua à Valls ; révision du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA)
  • Facilitation de l’accès à la nationalité et respect du droit du sol dès la naissance
  • Instauration du droit de vote et d’éligibilité pour tou-te-s les résident-e-s étranger-e-s
***
Lire et télécharger le tract ici. 


mardi 3 décembre 2013

Contre le racisme et pour l’égalité des droits : le combat continue !

Communiqué du Front de gauche, 3 décembre 2013

Cette année marque le trentenaire de la Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme de 1983. Depuis, la situation générale s’est beaucoup dégradée. La crise s’est durablement installée, le chômage et la précarité ont explosé, les politiques et les discours racistes et xénophobes se sont décomplexés et systématisés.

Le gouvernement Ayrault-Valls et la majorité PS-EELV actuels ont renié leurs engagements en matière de lutte contre les discriminations et pour l’égalité et poursuivent la même politique migratoire répressive que les pouvoirs de droite précédents. C’est ce qui permet aujourd’hui à une droite et une extrême-droite remobilisées de pousser leur avantage, comme l’illustrent les attaques racistes contre la ministre de la Justice Christiane Taubira. Au quotidien, les discriminations à l’égard des citoyen-ne-s français-e-s descendant-e-s de l’immigration post-coloniale ou de confession musulmane, originaires des territoires ultramarins ou gens du voyage, comme des populations immigrées africaines, asiatiques ou Roms, sont présentes à tous les niveaux : éducation, emploi, logement, loisirs, police, justice, média.

Les revendications portées par les marcheur-euse-s de 1983 sont plus que jamais d’actualité. Le Front de gauche réaffirme avec force son engagement aux côtés de toutes les forces qui se battent contre le racisme et pour l’égalité des droits. Il sera ainsi présent à la manifestation du 7 décembre. Il renouvelle ses propositions en faveur d’une grande loi et de la création d’un Ministère de l’égalité chargé de lutter contre toutes les discriminations. Pour que cessent violences policières et contrôles au faciès, il faut instaurer un reçu et mieux encadrer les forces de police. Et pour faire vivre la justice et la citoyenneté il faut régulariser les Sans papiers, faciliter l’obtention de la carte de résident-e et accorder le droit de vote à tou-te-s les résident-e-s étranger-e-s.

Ensemble, contre le racisme, pour la justice et l’égalité des droits pour tou-te-s !

Communiqué du Front de gauche : la marche du 1er décembre et ses débouchés




Le Front de Gauche se réjouit du succès de la marche du 1er décembre. Cette marche constitue la plus importante mobilisation politique de la gauche politico-sociale depuis des mois. Dans un moment où la désorientation est grande et où les syndicats patronaux, la droite et l’extrême-droite tentent de dévoyer la légitime colère populaire suscitée par la politique d’austérité du gouvernement, il s’agit d’une très bonne nouvelle. Le Front de Gauche confirme ainsi sa capacité d’initiative de masse et d’élargissement comme en témoigne la présence d’autres organisations politiques, de plusieurs structures syndicales et de nombreuses personnalités.  
Le Front de Gauche entend continuer à œuvrer sur les mots d’ordre de sa marche « pour la Révolution fiscale, la taxation du capital, l’annulation de la hausse de la TVA ». 
Le plus urgent est de mobiliser encore plus massivement contre la hausse de la TVA  prévue le 1er janvier. Il faut la mettre en échec. Cette hausse, matériellement insupportable pour un grand nombre de nos concitoyen-ne-s, symbolise en outre une fiscalité injuste visant à faire payer aux ménages les cadeaux au patronat. C’est pourquoi le Front de Gauche est favorable à la tenue rapide d’une réunion unitaire de l’ensemble des organisations de gauche, des syndicats, des associations concernées par la question pour examiner le cadre et les formes de mobilisation contre cette hausse.  
Dans le même temps, Jean-Marc Ayrault a annoncé une remise à plat de la fiscalité. Chiche... Nous avons déjà, dans l’Humain d’abord, des propositions qui placent la justice fiscale, la redistribution des richesses et la taxation du capital au cœur de notre projet. Mais nous voulons aller plus loin en travaillant à des Etats Généraux. Leur but sera d’élaborer et de porter de la façon la plus massive possible une réforme fiscale opposée aux canons du libéralisme, auxquels obéit le gouvernement,  qui privilégient la « compétitivité et la baisse des dépenses publiques » au détriment de l’intérêt général et de l’égalité.

vendredi 29 novembre 2013

« Ensemble ! » contre l’injustice fiscale et l’austérité !

Tract 1er décembre 2013

Cette année, le gouvernement Ayrault-Hollande a offert au patronat 20 milliards d’euros de crédits d’impôt financés par des coupes budgétaires sur les services publics et la protection sociale.
Au 1er janvier 2014, avec la hausse de la TVA, l’impôt le plus injuste, ce sont 7 milliards de cadeaux fiscaux qui seront donnés aux entreprises. Les banques privées, qui profitent déjà des paradis fiscaux, toucheront près de 50 milliards d'euros d’argent public au titre des intérêts de la dette !
L’injustice fiscale et sociale, c’est bien davantage d’impôts pour les ménages et toujours moins pour les entre-prises. C’est l’augmentation des cotisations retraite des salarié-e-s, de nouvelles exonérations pour les patrons.
Avec la loi ANI pour faciliter les licenciements ou les dérogations au code du travail, la retraite au-delà de 66 ans, les cadeaux fiscaux…Ce gouvernement ne cesse de céder aux injonctions du Medef.

Résister et construire une alternative !
Cette politique engendre le désarroi et, de plus en plus, une colère qui peut être dévoyée par la droite, les patrons ou l’extrême-droite.
L’argent existe ! Il faut avoir le courage de s’attaquer à l’injustice de la répartition des richesses, créées par le travail salarié, mais que les actionnaires s'approprient.
- Pour une révolution fiscale : annulation de la hausse de la TVA, taxation du capital, imposition sur le revenu très progressive, moratoire sur les intérêts de la dette et audit citoyen pour valider le non-remboursement de la dette illégitime.
- Pour l’emploi et la transition écologique : interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits et/ou versent des dividendes aux actionnaires, réduction du temps de travail, sur la semaine et sur la vie, droit de préemption des salarié-e-s pour reprendre la production en coopérative, sécurité sociale professionnelle pour la continuité des droits et des revenus des salarié-e-s. Des nationalisations favorisant les reconversions industrielles dans le cadre de production nouvelle sur des critères sociaux et écologiques, une fiscalité et des investissements en faveur des énergies renouvelables et des transports publics ferroviaires.

Avec le Front de Gauche, il faut rassembler les courants politiques, du mouvement social et syndical, pour faire converger les résistances, gagner des mesures d’urgence sociale et imposer une alternative politique, un autre gouvernement au service d’une autre politique !
Au lendemain de cette marche du 1er décembre, avec le Front de Gauche, rassemblons toutes les forces de gauche et écologistes qui s'opposent à l’austérité, à ses budgets d’injustice sociale et fiscale.

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A lire et à télécharger ici.

mercredi 27 novembre 2013

Déclaration des assises de constitution de "Ensemble ! Mouvement pour une Alternative à Gauche Ecologiste et Solidaire"

Saint-Denis, 24 novembre 2013.

http://www.ensemble-fdg.org/

Plus d’un an après l’élection de François Hollande, rien ne va plus ! 
Alors que les électeur-trice-s qui ont voté à gauche pour battre Sarkozy attendaient du changement, [elles et] ils subissent une politique gouvernementale sans rupture avec les politiques passées, que ce soit sur le terrain économique, social ou écologique.
Alors que la société subit la crise du capitalisme, le patronat et les marchés financiers poursuivent leur offensive pour obtenir toujours plus de licenciements et de plans sociaux et toujours moins de services publics. 
La droite et l’extrême-droite se lâchent et mobilisent leurs partisan-e-s, contre le mariage pour tou-te-s, pour détourner la colère sociale contre les taxes, les charges patronales et la réglementation du travail, cherchant les bouc-émissaires du côté de prétendu-e-s assisté-e-s et des étranger-e-s. Le discours raciste se banalise, autour d’une stigmatisation des Roms et d’un retour à l’imagerie coloniale contre les Noir-e-s et les Arabes, qu’ [elles et] ils soient ministres ou simples citoyen-ne-s. 
Les lobbies productivistes continuent à s’imposer, avec un gouvernement qui considère l’écologie comme le parent pauvre de sa politique, poursuivant les grands travaux inutiles, comme Notre-Dame-des-Landes, et ne s’engageant pas dans une politique de sortie des énergies carbonées et du nucléaire.
Une confusion politique dangereuse se développe. Ce gouvernement est frappé d’illégitimité à gauche et une crise politique majeure peut s’ouvrir. Un fossé sépare les aspirations au changement du fonctionnement actuel de la politique. Pour ne pas laisser droite et extrême-droite s’y engouffrer et faire avancer leurs idées réactionnaires, il y a urgence à retrouver les voies d’une remobilisation en profondeur du monde du travail et de la population.
Les aspirations à une société plus juste, plus égalitaire, plus écologique, plus démocratique sont pourtant toujours là. Elles sont un moteur puissant de nombreuses résistances du monde du travail et de la jeunesse sur de nombreux terrains, elles doivent se libérer pour reprendre le dessus.
Il s’agit maintenant, à partir des exigences fortes issues de ces mobilisations, d’en dégager la portée politique et d’enclencher une dynamique d’émancipation qui leur donne davantage de force, pour réunir sur cette base des majorités d’idées dans la société. C’est ce qui nous guide dans notre engagement dans le Front de Gauche avec d’autres forces et avec l’ambition, encore plus indispensable dans la situation actuelle, de développer sa dynamique en lien avec les mouvements sociaux.

mardi 12 novembre 2013

Communiqué : le Front de Gauche appelle à une marche le 1er décembre

Paris, le 12 novembre 2013

Contre l’injustice fiscale et sociale, le Front de Gauche appelle à une grande marche le dimanche 1er décembre à Paris pour une révolution fiscale, la taxation du capital et l’annulation de la hausse de la TVA. Cette marche se dirigera vers le « portique » de Bercy, symbole de la politique du gouvernement Ayrault plus favorable au Medef et à la finance qu’aux salariés et à la grande masse de la population.

Cette manifestation aura lieu au moment du vote du budget d’austérité auquel nous nous opposons. Cette politique continue à entraîner le pays dans la stagnation économique, elle amène toujours plus de chômage et de licenciements. Après Sarkozy, elle aggrave l’injustice fiscale en augmentant les impôts pour la grande majorité de la population tout en multipliant les cadeaux au patronat et en continuant la destruction des services publics et de la protection sociale. C’est inacceptable et cela bafoue le principe républicain d’un impôt juste. La hausse de la TVA prévue le 1er janvier en est l’exemple le plus scandaleux puisque prévue pour pallier une partie des 20 milliards d’euros accordés au patronat sans aucune conditionnalité. C’est pourquoi nous exigeons son annulation immédiate.

mercredi 30 octobre 2013

Un gouvernement qui bricole et une région sinistrée

Communiqué du Front de gauche, 30 octobre 2013

Les mobilisations sociales qui se développent en Bretagne sont révélatrices de la crise touchant notre pays et plus particulièrement de la dégradation considérable de la situation économique et sociale dans la région : 6000 emplois salariés en moins rien que pour l’année 2012 et 19 000 dans le secteur marchand depuis 2008. Voilà le résultat de la crise du capitalisme néolibéral, aggravée par les politiques d’austérité voulues par le gouvernement et les institutions européennes, et d’un modèle économique productiviste refusant de prendre en compte les impératifs écologiques.
L’agriculture et les industries agroalimentaires bretonnes, notamment la filière porcine et avicole, se sont, en général, développées sur la base de production de masse de produits peu valorisés destinés en partie à l’exportation. Cette production est aujourd’hui fortement concurrencée par les pays émergents ou par des pays de l’Union européenne qui, comme l’Allemagne ou le Danemark, pratiquent un dumping social éhonté en employant massivement des salarié-e-s d’Europe centrale et orientale sous-payé-e-s en utilisant les failles de la directive européenne sur le détachement des travailleur-euse-s.

mardi 22 octobre 2013

Un budget à rejeter

Communiqué du Front de gauche, 22 octobre 2013

Le débat budgétaire a de fait commencé, à l’Assemblée et dans le pays. La loi de finances pour 2014, dont la première partie est votée aujourd’hui, fait la part belle à la réduction des dépenses publiques réclamées par l’UMP et le Medef, qui sur-jouent l’insatisfaction. 15 milliards d’euros seront pourtant économisés : 6 à la charge de la Sécurité sociale et 9 milliards sur le budget général. S’agissant de la Sécurité sociale, les économies, à hauteur de 2,9 milliards pour l’assurance-maladie, auront des répercussions sur la prise en charge des soins pour les malades.
Quant aux 9 milliards d’euros sur le budget global, il impactera le fonctionnement des ministères, les sommes allouées aux différentes collectivités locales ainsi que l’investissement et l’intervention.
L’austérité s’aggrave donc, en dépit du bon sens qui voudrait que les services publics aient, à tout le moins, les moyens nécessaires pour remplir leurs missions ! 2014 verra un nombre de fonctionnaires en diminution puisque si 11 979 emplois publics seront créés dans l’éducation nationale, la police, la justice, 13 123 postes seront supprimés, soit un déficit de 2 144 postes. Avec 3 milliards de prélèvements supplémentaires, la pause fiscale ne sera pas au rendez-vous pour les ménages. Pris globalement, les prélèvements sont plus lourds sur les salarié-e-s, et moins sur les entreprises ! Et par le biais de l’augmentation de la TVA, c’est la population qui financera à hauteur de 6 à 7 milliards d’euros le crédit impôt compétitivité emploi promis par F. Hollande au Medef.
Le gouvernement annonce que la dette publique atteindra 95% et les intérêts de la dette, d’un montant de 46,7 milliards d’euros, continuent à plomber le budget global, permettant aux marchés financier et aux créanciers institutionnels de faire ds profits sur le dos de la population. Il est plus que temps d’exiger un audit citoyen sur la réalité de la dette ainsi qu’un moratoire sur le paiement des intérêts de cette dette ! Il faut inverser la logique à l’œuvre, rompre avec l’absurdité d’une politique qui aggrave la crise en la faisant payer par la majorité de la population. Le Front de gauche propose notamment de taxer le capital financier, d’augmenter les salaires, de rétablir les 35h hebdomadaires progressivement détricotées. Une augmentation de 1 % des salaires, c’est 3 milliards d’euros de cotisations sociales, 5 millions de chômeur-euse-s qui retrouvent un emploi, c’est 65 milliards de cotisations en plus. Le Front de gauche fera connaître ses propositions alternatives, au Parlement et dans tout le pays. Une autre politique est possible !

dimanche 20 octobre 2013

Municipales 2014 : réaction du regroupement d'organisations du Front de Gauche Paris aux résultats du vote du PCF Paris

Les Alternatifs Paris, Convergences et Alternative Paris, Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique Paris, Gauche Anticapitaliste Paris, dimanche 20 octobre 2013

Les organisations parisiennes du Front de Gauche signataires regrettent fortement le vote majoritaire du PCF Paris en faveur de listes avec le Parti Socialiste au 1er tour de l’élection municipale à Paris.

Elles réaffirment leur conviction que le rassemblement et la construction, avec l’ensemble du Front de Gauche, d’une alternative de gauche aux politiques d’austérité est plus que jamais indispensable.

Au 1er tour, en l’absence d’un rassemblement de tout le Front de Gauche, elles seront donc partie prenante de listes autonomes du Parti Socialiste pour proposer une alternative aux politiques d’austérité et pour battre la droite et l’extrême-droite.

Sept organisations du Front de Gauche (Les Alternatifs, Convergences et Alternative, Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique, Gauche Anticapitaliste, Gauche Unitaire, Parti Communiste des Ouvriers de France, Parti de Gauche) s’étaient prononcées pour qu’au 1er tour des listes de rassemblement contre toutes les politiques d’austérité existent. Pour les signataires de ce communiqué, il s’agit donc maintenant de rassembler tou-te-s ceux et celles – militant-e-s politiques, syndicaux ou associatifs – qui veulent construire cette alternative pour Paris.

Une alternative à la gestion sociale-libérale de Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo qui ne consacre qu’une petite partie de la manne financière des droits de mutation et des impôts prélevés sur les entreprises pour financer les politiques sociales.
Une alternative pour lutter de manière déterminée contre la spéculation foncière et immobilière en baissant les loyers publics et privés, en interdisant des expulsions locatives, en relançant la production de logements par des chartes contraignantes pour les promoteurs, en réquisitionnant des logements vides, en augmentant massivement la taxe sur les logements vacants, en portant l’objectif à 30% de logements sociaux, en donnant la priorité aux vrais logements sociaux (PLAI, PLUS), en ayant recours à la préemption de tous les terrains et immeubles disponibles et en lançant un vaste programme de rénovation du parc de logement social de la ville en concertation avec les habitant-e-s.
Une alternative au projet de métropole du « Grand Paris » qui constitue un grave recul pour la démocratie et inscrit dans le marbre l’austérité pour les populations.
Une alternative pour embaucher massivement de personnels sous statut et un plan de dé-précarisation massif des agents de la Ville, notamment pour des activités périscolaires de qualité, gratuites dans toutes les écoles parisiennes.
Une alternative aux délégations de services publics accordées au privé, pour que la collecte des déchets et d’autres missions reviennent en régie publique.
Une alternative à la politique de l’Agence régionale de santé,  pour redévelopper l’offre de santé publique sur le territoire parisien.

mercredi 16 octobre 2013

Front de Gauche : nous dépasserons nos difficultés ensemble !

Clémentine Autain (FASE), Pierre Gayral (Les Alternatifs), Pierre-François Grond (GA), Ingrid Hayes (GA), Pierre Laporte (FASE), Roland Mérieux (Les Alternatifs), Danièle Obono (C&A), Francis Sitel (GU), Marie-Pierre Toubhans (GU), Stéphanie Treillet (C&A), dimanche 12 octobre 2013.

Face à la gravité de la situation, de nombreuses interrogations s’expriment sur la situation du Front de Gauche. Pour autant il ne peut être question aujourd’hui de rester passif/ve et de laisser le doute s’installer.
Ces derniers jours, le patronat a engagé une violente offensive pour accroître le travail du dimanche. La libération de la parole raciste envers nos concitoyen-ne-s Roms est encouragée par les représentant-e-s du gouvernement. La réforme des retraites se place dans la continuité de celles mises en œuvre par la droite. Les écoles, domaine soi-disant « sanctuarisé » par François Hollande et devant bénéficier de créations de postes, subit de plein fouet les conséquences de l’austérité gouvernementale à travers des réformes imposées de façon autoritaire, comme le démontrent les difficultés d’application des rythmes scolaires. Par ailleurs la conférence gouvernementale de septembre sur les questions énergétiques ainsi que le dernier rapport du GIEC confirment, dans une quasi indifférence générale, que la logique économique qui prévaut actuellement provoque de plus en plus de bouleversements environnementaux de grande ampleur.
Il y a plus que jamais besoin que le peuple se mêle de ses affaires, retrouve les moyens de s’exprimer pour faire entendre les exigences d’égalité, de justice sociale et environnementale.
Les résultats de l’élection cantonale partielle de Brignoles sont un signal d’alarme supplémentaire qui démontre la capacité du Front National à se nourrir de la démoralisation et du repli sur soi, tandis que la politique gouvernementale provoque une abstention et une démobilisation des électeurs dans toute la gauche. Il est nécessaire de redoubler d’efforts pour susciter un nouvel espoir à gauche, capable de mobiliser ceux qui subissent de plein fouet le désarroi provoqué par la politique du gouvernement.
Cela suppose que se fasse entendre une alternative de gauche à la politique libérale et répressive menée par François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Dans cet objectif, il y a besoin que le Front de Gauche se déploie dans le pays à la hauteur des attentes qu’il a suscitées. Le Front de Gauche doit être capable d’être une force d’initiative pour entraîner largement toutes celles et tous ceux qui veulent un véritable changement de cap dans ce pays et en Europe.

dimanche 8 septembre 2013

Collectif retraites 2013, " Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins !"


Signez l’appel : «Ensemble, défendons nos retraites !»

Lors de la Conférence sociale du 20 juin, François Hollande a annoncé que, dans le cadre de la prochaine réforme des retraites, l’allongement de la durée de cotisation sera « la mesure la plus juste » face à « cette chance formidable qu’est l’allongement de l’espérance de la vie ». Cette voie n’est pas acceptable. Les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010 ont déjà réduit les droits à pensions de plus de 30 %, en aggravant les inégalités déjà fortes entre les pensions des femmes et celles des hommes. Elles doivent donc être remises en cause.
Refusons les régressions sociales
« On vit plus vieux, il faut donc travailler plus longtemps », tel est l’argument qu’on nous rabâche. Mais on oublie de préciser qu’augmenter la durée de cotisation, c’est en réalité programmer la baisse des pensions. Baisse immédiate pour tous ceux – chaque année plus de la moitié des nouveaux retraités – qui passent directement du chômage, ou de l’inactivité, à la retraite, et qui ne pourront jamais atteindre cette durée. Baisse à venir pour les nouvelles générations entrées plus tard dans la vie professionnelle du fait de l’allongement des études et qui connaissent déjà un chômage massif, aggravé par l’incitation faite aux seniors qui le peuvent de prolonger leur activité. On oublie aussi de rappeler que l’allongement de la durée de cotisation et la décote pénalisent plus fortement les personnes aux carrières courtes, en majorité des femmes. L’espérance de vie augmente, mais l’espérance de vie en bonne santé, elle, diminue depuis plusieurs années. La souffrance au travail se développe, de nouvelles pathologies apparaissent. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans. Les meilleures années de la retraite sont entre 60 et 65 ans. L’allongement de la durée de cotisation, c’est la double peine. Nous ne pouvons pas l’accepter.
L’austérité sans fin est suicidaire
Le gouvernement justifie cette nouvelle réforme par l’allongement de la durée de vie. Mais le déficit actuel ne doit rien au vieillissement de la population. Il s’explique par la récession qui se creuse en Europe, détruit des millions d’emplois et diminue les cotisations sociales induites par l’emploi. Cette récession provient essentiellement des politiques de réduction des dépenses publiques et de baisse du « coût du travail » menées partout en Europe par les gouvernements en accord avec la Commission. Si, comme cela semble être le cas, le gouvernement inscrit la réforme dans le cadre de ces politiques, il ne pourra que retenir des pistes entraînant une nouvelle baisse du niveau des pensions. Ce qui diminuerait encore le pouvoir d’achat des retraités, aggraverait la récession et entraînerait une nouvelle hausse du chômage. Sans qu’au bout du compte les déficits ne soient  réduits !
Il est possible de faire autrement
L’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui. Par le passé, elle s’est accompagnée d’une diminution du temps passé au travail et d’une amélioration du niveau de vie, grâce à un partage de la richesse produite. C’est à nouveau la voie à suivre.
Pour augmenter le volume des cotisations sociales, il faut en finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail, une sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu, une augmentation des minima sociaux, une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique. Une voie supplémentaire, toujours négligée, pour répondre au besoin de financement des retraites, est la réalisation de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, à la fois par l’accroissement du taux d’activité des femmes, la suppression des inégalités salariales et la lutte contre le temps partiel subi. Il s’agit là de choix politiques de justice et de solidarité.

vendredi 30 août 2013

Déclaration du Front de Gauche sur le projet gouvernemental sur les retraites

Paris, le 28 août 2013

Les éléments du projet gouvernemental de réforme de retraites sont maintenant dévoilés. Elle repart de la réforme Sarkozy : le gouvernement légitime la fin de la retraite à 60 ans. Elle utilise les mêmes leviers que toutes les réformes de la droite : allongement de la durée de cotisations ce qui signifie le recul de l’âge réel de départ en retraite. C’est une triste première pour un gouvernement de gauche ; elle touchera plus particulièrement les jeunes. Les retraité-e-s seront mis-e-s à contribution, une « double peine » pour eux après une vie de salarié-e-s à cotiser pour la protection sociale.
D’autre part, si le gouvernement annonce une augmentation des cotisations des salarié-e-s et des patrons, ceux-ci sont rassurés par l’annonce de l’allègement de leurs cotisations concernant les prestations familiales dès 2014.  Il s’agit d’un nouveau cadeau au patronat après les 20 milliards déjà accordés aux entreprises sans contrepartie en 2013. Puisqu’il est si bien entendu, le MEDEF aurait tort de ne pas en demander encore plus comme il le fait dès aujourd’hui…
Cette contre-réforme ne vise en rien  un progrès ! Avec ces mesures inefficaces et injustes, c’est plus de chômage et moins de pouvoir d’achat. Les classes populaires, les classes moyennes et les retraité-e-s sont ponctionné-e-s au lieu de faire financer les entreprises et la finance.
Cette « réforme » n’est pas faite pour répondre aux besoins des Français-e-s mais pour obéir aux injonctions de Bruxelles. Pour cela, le gouvernement est prêt à faire ce qu’aucun gouvernement « de gauche » n’a fait. Au mépris des aspirations de celles et ceux qui ont battu Nicolas Sarkozy et l’avis d’une part grandissante de la majorité gouvernementale comme le montrent, notamment, les réactions à Europe Ecologie – Les Verts ou l’appel de 3000 socialistes.
A l’inverse, le Front de gauche entend contribuer à la plus grande unité possible contre cette réforme derrière les syndicats et dans le cadre du Collectif retraites 2013. La première mobilisation du 10 septembre, le succès de la fête de l’Humanité doivent être au plus haut niveau pour se faire entendre du gouvernement.

Le Front de Gauche : PCF/PG/GU/C&A/R&S/FASE/GA/PCOF/Alternatifs

vendredi 5 juillet 2013

6 questions, 6 arguments pour défendre les retraites

Jean-Claude Mamet, Convergences et Alternative

Le gouvernement a décidé qu’il fallait encore et encore s’attaquer aux retraites. D’ailleurs la Commission européenne lui a soufflé très fort sa ligne de conduite, au cas où il l’aurait oubliée. Car telle est la situation depuis que la France hollandaise a voté le TSCG au mot près !
1. Pourquoi s’acharner encore sur les retraites ? 
Les réponses fournies par la commission Moreau, mise en place pour préparer l’opinion publique, sont absolument incroyables.  On nous dit que la contre-réforme Sarkozy de 2010 s’appuyait sur de mauvais calculs de croissance : « la durée et l’ampleur de la crise depuis 2008 affectent fortement les systèmes de retraite… ». On s’attendrait logiquement à des préconisations rompant avec de mauvaises prémisses. Pas du tout : la commission Moreau estime qu’il faut toujours « s’inscrire dans la trajectoire des finances publiques retenues par les pouvoirs publics et concourir au redressement des comptes publics et à la crédibilité internationale de la France ».  Donc on a fait des erreurs, mais il faut continuer. Les politiques publiques de gestion de la crise ont  tué l’emploi, cassé les salaires. Forcément, les régimes de retraites en pâtissent ! Mais il faut s’acharner. Et l’Europe veille au grain. Les règles adoptées par les gouvernements-notamment la surveillance budgétaire à priori (avant les parlements nationaux) et la règle d’or du TSCG- les institutions européennes leur demande maintenant de les appliquer. Le 29 mai, la Commission européenne, qui accorde à la France un délai de deux ans pour revenir dans les clous du déficit public, dresse une liste de 6 réformes structurelles à mener, dont celle des retraites, en détaillant même les mesures à prendre. Hollande s’est ému d’un tel diktat. Mais il s’aligne, alors qu’il faut désobéir ! Assumer l’affrontement avec les institutions européennes. 
2. On vit plus longtemps, il faudrait travailler plus longtemps ? 
Hollande en a fait un « principe », édicté lors de sa conférence de presse.  Un principe qui se rapproche bizarrement du « travailler plus » de Sarkozy. Et qui légitime après coup toutes les réformes régressives de la droite : 1993, 2003, 2010, toutes guidées par le « principe » Hollande. En 1982, quand le gouvernement Mauroy a instauré le droit à la retraite à taux plein passant de 65 à 60 ans, l’espérance de vie augmentait déjà. Mais la gauche de cette époque (avant le tournant libéral de 1983-84) ne concluait pas que lorsqu’il y a des progrès de santé aux âges avancés, il faut les compenser en souffrant plus longtemps au travail. L’aspiration populaire, reprise à gauche, était qu’on devait profiter d’une retraite en bonne santé et qu’on devait réduire la durée du travail sur la semaine et sur la vie. D’autant que la productivité du travail  compense l’augmentation plus forte du nombre des  retraités (dits faussement « inactifs ») que celui des actifs, et donc la part de richesses supplémentaires qu’il convient de leur attribuer.  On pourrait tenir le même raisonnement avec le baby-boum d’après-guerre : l’augmentation des naissances (des inactifs donc) a capté une part supplémentaire de la richesse nationale (allocations, écoles), sans que personne alors ne crie à une faillite prochaine.  Seulement dans ces années-là, la société (ou le rapport des forces sociales) admettait que les gains de productivité profitent aussi au bien public commun, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui, où les gains de productivité vont essentiellement aux dividendes.  On a donc le droit de vivre plus longtemps, selon le « principe « Hollande, mais plus pauvrement, en entrant plus tard à la retraite, en subissant une décote et en risquant une dégradation de sa santé. 

mardi 11 juin 2013

Du 5 mai au 16 juin, le Front de gauche artisan d’une alternative à l’austérité

Trait d’union, n°5, p. 2-3.
Après une première année marquée par de nombreux cadeaux aux patrons et par la casse du code du travail, avec l’ANI, François Hollande passe à l’offensive ! Une fois de plus, ce sont les salariés qui en pâtiront avec la une nouvelle contre-réforme des retraites, entre autres.
Le Front de gauche a réussi à remettre la gauche dans la rue le 5 mai, l’alternative doit maintenant être dessinée le plus largement possible, avec toutes celles et tous ceux qui veulent en changement de gauche. Cette démarche démarrera avec les Assises du 16 juin.
La deuxième année du quinquennat de François Hollande est mainte­nant commencée et se veut une année « d’offensive » selon les propos du chef de l’État. Il n’est plus ques­tion, comme il le laissait entendre il y a quelques mois, de prévoir deux années de redressement et de rigueur avant de redistribuer les richesses produites. C’est une véritable fuite en avant dans la mise en oeuvre d’une politique favo­rable au patronat qui se décline sous les exigences de la compétitivité, de la réduction des dépenses publiques et des réformes structurelles exigées par la Commission européenne et les milieux financiers.

vendredi 24 mai 2013

9 juin 2013: marche des femmes contre l'austérité !

  A l’appel de plus de 150 femmes, militantes associatives, politiques, syndicales, citoyennes, connues ou anonymes, des milliers de femmes et d’hommes marcheront le 9 juin prochain à Paris contre les politiques d’austérité que les femmes sont les premières à subir.
 Cet appel fait le constat d’une situation sociale et économique dégradée, particulièrement pour les femmes. 
 « Incontestablement, ce sont nous, les femmes, qui sommes aux premiers rangs du temps partiel imposé, des bas salaires et de la pauvreté. Indiscutablement, nous sommes très majoritaires à vivre la précarité et les retraites au rabais. Ce sont nous qui formons sans conteste la majorité des salariés de l’État et des Collectivités territoriales. Nous sommes les premières utilisatrices des services publics et nous subissons leur casse de plein fouet. » 
  Au contraire des déclarations de Jean Marc Ayrault indiquant le 5 mai dernier qu’« il n’y a pas d’austérité, ça c’est une invention de propagande », les politiques menées par le gouvernement n’affrontent pas le pouvoir de la finance et de l’argent. Nous refusons ces politiques d’austérité budgétaire, la casse des services publics, la règle d’or, l’Accord National Interprofessionnel, la poursuite des politiques d’« abaissement du coût de travail » et de « flexibilité du marché du travail », la remise en cause continuelle de la protection sociale… Alors que d’autres choix sont possibles et nécessaires pour changer nos vies. 

Contre l’austérité et la finance, ensemble imposons d’autres politiques ! 

Retrouvez la liste des signataires et l’appel dans son intégralité sur :

Télécharger le tract d’appel :

mercredi 15 mai 2013

NON à la loi Medef, non au recul de l'âge de la retraite, OUI à l'amnistie sociale

Communiqué du Front de gauche, 14 mai 2013

Le Sénat, mardi 14 mai, puis l’Assemblée nationale le 16 mai vont être le théâtre de deux votes importants : sur l’Accord national interprofessionnel (ANI) d’une part, sur les lois d’amnistie sociale et l’interdiction des licenciements boursiers proposées par le groupe Front de gauche d’autre part. Dans les deux cas nous appelons les député-e-s de la majorité gouvernementale à désobéir aux volontés du gouvernement. 
L’ANI ne peut en effet passer au Sénat qu’avec les voix de la droite. C’est la raison pour laquelle le gouvernement avait eu recours au principe du voté bloqué une première fois. La manœuvre ayant échoué, l’heure de vérité approche : le Front de Gauche s’adresse solennellement aux sénateurs socialistes  pour qu’ils n’adoptent pas définitivement ce texte de régression sociale. 
La loi sur l’amnistiée sociale qui passe jeudi à l’Assemblée s’est, elle, vue refusée par le gouvernement alors qu’elle avait été adoptée au Sénat. Ce volte-face de l’exécutif et du groupe PS réjouit la droite et, là encore, le Medef. Les élu-e-s EELV ayant déjà annoncé qu’ils voteraient la proposition du Front de gauche, tout va dépendre du vote des députés PS. Il serait indécent qu’un élu de gauche refuse l’amnistie sociale à celles et ceux qui ont résisté pendant cinq ans à la politique de Nicolas Sarkozy ! Ce serait un reniement insupportable et un feu vert à une criminalisation accentuée du mouvement social à l’avenir. C’est pourquoi le Front de gauche appelle ses sympathisant-e-s et plus largement les citoyen-ne-s à se mobiliser devant l’Assemblée nationale aux côtés des syndicats le 16 mai à partir de 12h30 pour soutenir ces projets de loi.

lundi 6 mai 2013

Communiqué du Front de gauche: le 5 mai et ses suites

Communiqué du Front de gauche, 6 mai 2013


Le Front de Gauche se félicite du succès historique de la marche du 5 mai.
Un an après l’élection de François Hollande, cette manifestation a confirmé d’une part le refus du peuple de gauche de la politique d’austérité menée par le gouvernement, d’autre part la possibilité de rassembler une majorité alternative appuyant une autre politique. La présence de très nombreux syndicalistes, salarié-e-s d’entreprises en lutte et le caractère populaire de la marche forment de ce point de vue un grand sujet de satisfaction. De même que celle d’Eva Joly et de nombreux élu-e-s, responsables et militant-e-s d’Europe Ecologie–Les Verts qui constitue un événement majeur.  Enfin le mot d’ordre de changement de régime qu’exprime l’appel à une 6ème République a largement irrigué la marche. 
La réponse du gouvernement n’a pas été à la hauteur de cette formidable aspiration. Au lieu de rassurer celles et ceux qui ont permis la défaite de Nicolas Sarkozy il y a un an, Jean-Marc Ayrault a préféré dire une fois de plus sa sollicitude pour les chefs d’entreprise et annoncer la privatisation partielle d’entreprises publiques ! De son côté Manuel Valls joue de la provocation en minorisant outrageusement le nombre de manifestant-e-s. 
Cette marche établit un rapport de force, ouvre de nouvelles perspectives, galvanise les énergies mais elle  doit surtout être le début d’un processus. C’est pourquoi le Front de gauche, dans le même objectif d’élargissement que le 5 mai, propose d’ores et déjà d’autres rendez-vous dans les semaines à venir :
- la mobilisation aux côtés des syndicats le 16 mai en faveur de la loi d’amnistie sociale et de la loi interdisant les licenciements boursiers;
- le maximum d’initiatives populaires le premier week-end de juin sur le même mot d’ordre que la marche du 5 mai contre l’austérité, la finance et pour la 6ème République sous des formes décidées localement : marches, rassemblement, etc… dans les régions et départements;
- le soutien à la marche des femmes contre l’austérité le 9 juin;
- les assises du 16 juin dont nous proposons la co-organisation à tou-te-s celles et ceux, personnalités, associations, syndicats et forces de gauche qui partagent les objectifs d’une politique alternative à celle appliquée aujourd’hui par le gouvernement.