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dimanche 8 septembre 2013

Collectif retraites 2013, " Pas un trimestre de plus, pas un euro de moins !"


Signez l’appel : «Ensemble, défendons nos retraites !»

Lors de la Conférence sociale du 20 juin, François Hollande a annoncé que, dans le cadre de la prochaine réforme des retraites, l’allongement de la durée de cotisation sera « la mesure la plus juste » face à « cette chance formidable qu’est l’allongement de l’espérance de la vie ». Cette voie n’est pas acceptable. Les réformes de 1993, 2003, 2007 et 2010 ont déjà réduit les droits à pensions de plus de 30 %, en aggravant les inégalités déjà fortes entre les pensions des femmes et celles des hommes. Elles doivent donc être remises en cause.
Refusons les régressions sociales
« On vit plus vieux, il faut donc travailler plus longtemps », tel est l’argument qu’on nous rabâche. Mais on oublie de préciser qu’augmenter la durée de cotisation, c’est en réalité programmer la baisse des pensions. Baisse immédiate pour tous ceux – chaque année plus de la moitié des nouveaux retraités – qui passent directement du chômage, ou de l’inactivité, à la retraite, et qui ne pourront jamais atteindre cette durée. Baisse à venir pour les nouvelles générations entrées plus tard dans la vie professionnelle du fait de l’allongement des études et qui connaissent déjà un chômage massif, aggravé par l’incitation faite aux seniors qui le peuvent de prolonger leur activité. On oublie aussi de rappeler que l’allongement de la durée de cotisation et la décote pénalisent plus fortement les personnes aux carrières courtes, en majorité des femmes. L’espérance de vie augmente, mais l’espérance de vie en bonne santé, elle, diminue depuis plusieurs années. La souffrance au travail se développe, de nouvelles pathologies apparaissent. Les plus dures années au travail sont entre 60 et 65 ans. Les meilleures années de la retraite sont entre 60 et 65 ans. L’allongement de la durée de cotisation, c’est la double peine. Nous ne pouvons pas l’accepter.
L’austérité sans fin est suicidaire
Le gouvernement justifie cette nouvelle réforme par l’allongement de la durée de vie. Mais le déficit actuel ne doit rien au vieillissement de la population. Il s’explique par la récession qui se creuse en Europe, détruit des millions d’emplois et diminue les cotisations sociales induites par l’emploi. Cette récession provient essentiellement des politiques de réduction des dépenses publiques et de baisse du « coût du travail » menées partout en Europe par les gouvernements en accord avec la Commission. Si, comme cela semble être le cas, le gouvernement inscrit la réforme dans le cadre de ces politiques, il ne pourra que retenir des pistes entraînant une nouvelle baisse du niveau des pensions. Ce qui diminuerait encore le pouvoir d’achat des retraités, aggraverait la récession et entraînerait une nouvelle hausse du chômage. Sans qu’au bout du compte les déficits ne soient  réduits !
Il est possible de faire autrement
L’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui. Par le passé, elle s’est accompagnée d’une diminution du temps passé au travail et d’une amélioration du niveau de vie, grâce à un partage de la richesse produite. C’est à nouveau la voie à suivre.
Pour augmenter le volume des cotisations sociales, il faut en finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail, une sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu, une augmentation des minima sociaux, une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique. Une voie supplémentaire, toujours négligée, pour répondre au besoin de financement des retraites, est la réalisation de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, à la fois par l’accroissement du taux d’activité des femmes, la suppression des inégalités salariales et la lutte contre le temps partiel subi. Il s’agit là de choix politiques de justice et de solidarité.

vendredi 30 août 2013

Déclaration du Front de Gauche sur le projet gouvernemental sur les retraites

Paris, le 28 août 2013

Les éléments du projet gouvernemental de réforme de retraites sont maintenant dévoilés. Elle repart de la réforme Sarkozy : le gouvernement légitime la fin de la retraite à 60 ans. Elle utilise les mêmes leviers que toutes les réformes de la droite : allongement de la durée de cotisations ce qui signifie le recul de l’âge réel de départ en retraite. C’est une triste première pour un gouvernement de gauche ; elle touchera plus particulièrement les jeunes. Les retraité-e-s seront mis-e-s à contribution, une « double peine » pour eux après une vie de salarié-e-s à cotiser pour la protection sociale.
D’autre part, si le gouvernement annonce une augmentation des cotisations des salarié-e-s et des patrons, ceux-ci sont rassurés par l’annonce de l’allègement de leurs cotisations concernant les prestations familiales dès 2014.  Il s’agit d’un nouveau cadeau au patronat après les 20 milliards déjà accordés aux entreprises sans contrepartie en 2013. Puisqu’il est si bien entendu, le MEDEF aurait tort de ne pas en demander encore plus comme il le fait dès aujourd’hui…
Cette contre-réforme ne vise en rien  un progrès ! Avec ces mesures inefficaces et injustes, c’est plus de chômage et moins de pouvoir d’achat. Les classes populaires, les classes moyennes et les retraité-e-s sont ponctionné-e-s au lieu de faire financer les entreprises et la finance.
Cette « réforme » n’est pas faite pour répondre aux besoins des Français-e-s mais pour obéir aux injonctions de Bruxelles. Pour cela, le gouvernement est prêt à faire ce qu’aucun gouvernement « de gauche » n’a fait. Au mépris des aspirations de celles et ceux qui ont battu Nicolas Sarkozy et l’avis d’une part grandissante de la majorité gouvernementale comme le montrent, notamment, les réactions à Europe Ecologie – Les Verts ou l’appel de 3000 socialistes.
A l’inverse, le Front de gauche entend contribuer à la plus grande unité possible contre cette réforme derrière les syndicats et dans le cadre du Collectif retraites 2013. La première mobilisation du 10 septembre, le succès de la fête de l’Humanité doivent être au plus haut niveau pour se faire entendre du gouvernement.

Le Front de Gauche : PCF/PG/GU/C&A/R&S/FASE/GA/PCOF/Alternatifs

vendredi 5 juillet 2013

6 questions, 6 arguments pour défendre les retraites

Jean-Claude Mamet, Convergences et Alternative

Le gouvernement a décidé qu’il fallait encore et encore s’attaquer aux retraites. D’ailleurs la Commission européenne lui a soufflé très fort sa ligne de conduite, au cas où il l’aurait oubliée. Car telle est la situation depuis que la France hollandaise a voté le TSCG au mot près !
1. Pourquoi s’acharner encore sur les retraites ? 
Les réponses fournies par la commission Moreau, mise en place pour préparer l’opinion publique, sont absolument incroyables.  On nous dit que la contre-réforme Sarkozy de 2010 s’appuyait sur de mauvais calculs de croissance : « la durée et l’ampleur de la crise depuis 2008 affectent fortement les systèmes de retraite… ». On s’attendrait logiquement à des préconisations rompant avec de mauvaises prémisses. Pas du tout : la commission Moreau estime qu’il faut toujours « s’inscrire dans la trajectoire des finances publiques retenues par les pouvoirs publics et concourir au redressement des comptes publics et à la crédibilité internationale de la France ».  Donc on a fait des erreurs, mais il faut continuer. Les politiques publiques de gestion de la crise ont  tué l’emploi, cassé les salaires. Forcément, les régimes de retraites en pâtissent ! Mais il faut s’acharner. Et l’Europe veille au grain. Les règles adoptées par les gouvernements-notamment la surveillance budgétaire à priori (avant les parlements nationaux) et la règle d’or du TSCG- les institutions européennes leur demande maintenant de les appliquer. Le 29 mai, la Commission européenne, qui accorde à la France un délai de deux ans pour revenir dans les clous du déficit public, dresse une liste de 6 réformes structurelles à mener, dont celle des retraites, en détaillant même les mesures à prendre. Hollande s’est ému d’un tel diktat. Mais il s’aligne, alors qu’il faut désobéir ! Assumer l’affrontement avec les institutions européennes. 
2. On vit plus longtemps, il faudrait travailler plus longtemps ? 
Hollande en a fait un « principe », édicté lors de sa conférence de presse.  Un principe qui se rapproche bizarrement du « travailler plus » de Sarkozy. Et qui légitime après coup toutes les réformes régressives de la droite : 1993, 2003, 2010, toutes guidées par le « principe » Hollande. En 1982, quand le gouvernement Mauroy a instauré le droit à la retraite à taux plein passant de 65 à 60 ans, l’espérance de vie augmentait déjà. Mais la gauche de cette époque (avant le tournant libéral de 1983-84) ne concluait pas que lorsqu’il y a des progrès de santé aux âges avancés, il faut les compenser en souffrant plus longtemps au travail. L’aspiration populaire, reprise à gauche, était qu’on devait profiter d’une retraite en bonne santé et qu’on devait réduire la durée du travail sur la semaine et sur la vie. D’autant que la productivité du travail  compense l’augmentation plus forte du nombre des  retraités (dits faussement « inactifs ») que celui des actifs, et donc la part de richesses supplémentaires qu’il convient de leur attribuer.  On pourrait tenir le même raisonnement avec le baby-boum d’après-guerre : l’augmentation des naissances (des inactifs donc) a capté une part supplémentaire de la richesse nationale (allocations, écoles), sans que personne alors ne crie à une faillite prochaine.  Seulement dans ces années-là, la société (ou le rapport des forces sociales) admettait que les gains de productivité profitent aussi au bien public commun, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui, où les gains de productivité vont essentiellement aux dividendes.  On a donc le droit de vivre plus longtemps, selon le « principe « Hollande, mais plus pauvrement, en entrant plus tard à la retraite, en subissant une décote et en risquant une dégradation de sa santé.