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samedi 7 décembre 2013

Le combattant anti-apartheid est mort

Communiqué de Ensemble ! Mouvement pour une alternative à gauche écologiste et solidaire, 6 décembre 2013

L’apartheid avait institutionnalisé racisme et ségrégation à l’encontre des populations noires, métisses et indiennes.
Ce système lui avait volé 27 ans de sa vie. 27 ans derrière les barreaux dans l’île de Robben Island.
Le pouvoir blanc a tout fait pendant des décennies pour briser la résistance à l’apartheid, avec le silence complice de la majorité des grandes puissances occidentales.
Par la violence, l
’enfermement dans les townships, les massacres comme à Sharpeville et à Soweto, les assassinats systématiques, en Afrique du sud et jusqu’à l’étranger, de militant-e-s comme Steve Biko ou Dulcie September.
En 1964, Nelson Mandela et ses camarades de l’ANC avaient été condamnés à la prison et aux travaux forcés à perpétuité.
En 1990, Nelson Mandela sort de prison, sans avoir jamais cédé.

Il devient le premier président noir d’Afrique du Sud, et engage une politique de réconciliation sans jamais oublier les crimes de l’Apartheid.
Il n
’exercera, en dépit de son immense popularité, qu’un seul mandat.
En 1994, quand il fut désigné comme président à la suite des premières élections démocratiques, il figurait encore sur la liste des « terroristes » aux USA et l’ANC ne fut retirée de cette liste que bien plus tard.
Engagé à gauche, avec l’ANC, dans la lutte contre l’apartheid et les discriminations depuis 1944, comme pour l’égalité, les droits politiques, économiques et sociaux, ayant participé à de nombreuses luttes, y compris en recourant à « la violence organisée », selon ses propres termes, Nelson Mandela restera pour la jeunesse et les peuples du monde entier, un symbole de la résistance aux oppressions.

Nelson Mandela est mort, Madiba est parmi nous.

mardi 12 février 2013

Rendre au Mali sa souveraineté, arrêter l’engrenage d’une logique guerrière

Déclaration du Front de Gauche « Afrique », le 29 janvier 2013

A nouveau, un pays d’Afrique est entrainé dans une logique de guerre.
Le Front de gauche partage l’inquiétude des Maliens face à l’offensive des groupes djihadistes, et comprend qu’ils se sentent soulagés par toute action pouvant empêcher leur progression. Depuis plusieurs mois, les exactions et exécutions sommaires pratiquées par ces groupes dans les zones qu’ils contrôlent au nord du pays illustrent le danger qu’ils représentent pour les libertés et la dignité du peuple malien et sa souveraineté.  
Le président de la République a décidé d’engager l’armée française. Mais cette intervention montre désormais le risque d’un engrenage dans une guerre sans fin prévisible et sans véritable solution durable pour le peuple malien et la reconstruction du pays. Le risque est grand d’une déstabilisation de toute la région, comme on l’a vu en Algérie avec la prise d’otages et son dénouement tragique. 

lundi 15 octobre 2012

La Francophonie doit être un instrument d’émancipation des peuples ayant le français en héritage et non pas celui de la perpétuation de l’impérialisme français

Communiqué du Front de gauche, 14 octobre 2012

Monsieur le Président François Hollande, vous venez de vous afficher à Kinshasa avec un bon nombre de dictateurs ayant en commun certes la langue française mais surtout la corruption et l’oppression de leurs peuples. 
Cette enceinte politique qu’est devenue la francophonie institutionnalisée sert en particulier à cautionner des élections par l’envoi d’observateur-trice-s qui rendent un avis complaisant pour le pouvoir en place au grand bénéfice des intérêts économiques français mais au détriment des peuples concernés. Vous qui n’avez que le mot démocratie à la bouche, Monsieur le Président, et qui aimez tellement en bon social-libéral vous abriter derrière les institutions nationales et  dans le cas présent internationales, sachez que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est l’un des instruments de cette démocratie virtuelle  qui ne répond d’aucune façon aux besoins des peuples. Vos promesses de démocratie, Monsieur le Président, nous l’avons vu récemment en France au sujet du TSCG, n’engagent que celles et ceux qui y croient, alors qu’il s’agirait de prendre des dispositions concrètes pour atteindre cet objectif.

mardi 24 juillet 2012

Areva au Niger, démocratie au Gabon...Le Front de gauche « Afrique » interpelle le gouvernement

Moulzo, Convergences et alternative, n° 11, juillet 2012, p. 11.

Le Front de gauche « Afrique » n’a pas tardé à agir pour un changement de la politique de la France avec l’Afrique. Les premiers pas du gouvernement Ayrault n’augurent pas d’une franche rupture avec les politiques passées.

Constitué pendant la campagne présidentielle et réunissant toutes les forces politiques composant le Front de gauche, le Front de gauche
« Afrique » a élaboré un document intitulé « Pour une nouvelle politique entre la France et l’Afrique », qui sert désormais de base à ses actions aux cotés des associations de solidarité et des oppositions africaines. Il s’engage dans plusieurs campagnes immédiates, pour illustrer ce que doit faire une gauche qui voudrait rompre avec les pratiques passées: 
- soutien aux oppositions démocratiques et refus de cautionner les régimes non-démocratiques ;
- exigences que tous les accords de coopération et accords militaires soient remis à plat et sous contrôle du Parlement français ainsi que des parlements des pays africains concernés;
- contrôle public de l’activité des multinationales françaises et publication de tous les contrats entre elles et les Etats d’où sont extraites les richesses minières, pétrolières, agricoles.
Les premières actions sont engagées.

lundi 30 avril 2012

"Afriques en lutte" vers un nouveau départ

Paul Martial, Afriques en lutte, n°17, mars/avril 2012

Une discussion s’est engagée dans le groupe de travail « Afriques » (GTA) du NPA sur le changement de statut d’Afriques en Lutte (AEL). Si nous avons voulu dès le départ, faire d’Afriques en lutte une structure ouverte aux expressions venant des différentes organisation de la société civile, des syndicats et des organisations politiques de la gauche africaine, AEL restait l’émanation du groupe de travail « Afriques » du NPA et à ce titre portait la parole officielle du NPA sur les questions africaines.
L’évolution de la situation tant en France que sur le continent nous amène à revisiter les formes organisationnelles d’AEL.

lundi 27 février 2012

Pour une nouvelle politique entre la France et l’Afrique


Forum social mondial de Dakar, 6 février 2011.
50 ans après les décolonisations africaines les espoirs de développement et de construction de sociétés démocratiques, souveraines, solidaires et égalitaires n’ont pas été réalisés. La responsabilité historique du capitalisme européen est engagée, pour toutes les entraves qu'il a mis au développement de l'Afrique, de l'esclavagisme qui a déstructuré les sociétés africaines, jusqu'au colonialisme et aux politiques impérialistes qui ont organisé le pillage des ressources et formaté l'activité économique de l'Afrique pour les seuls besoins des entreprises multinationales. Les peuples n’ont pourtant pas dit leur dernier mot. De Dakar à Johannesburg en passant par Lagos, de grèves générales en mouvements populaires, ils témoignent de leurs aspirations et de leurs combats pour construire une autre Afrique et un autre monde. C’est dans cette dynamique que le Front de gauche entend changer radicalement la politique de la France avec l’Afrique.

Un ordre néolibéral destructeur

La domination idéologique du libéralisme et la domination des grandes puissances contre les pays du Sud ont engendré la marchandisation générale de toutes les activités humaines, y compris le corps lui-même, et de toutes les ressources de la planète. Désormais, aucun pays ne peut échapper à la mondialisation néolibérale. Tout s’y vend. Les forêts primaires sont dévastées pour ouvrir des routes vers l’exploitation des mines ou pour offrir des meubles exotiques bon marché dans les jardins occidentaux. Les entreprises ont délocalisé en masse leurs productions en fonction du coût salarial le plus faible. Fuyant les mesures environnementales prises dans les pays du Nord, les entreprises choisissent de produire au détriment de la santé des populations. Les marchés financiers ont pu organiser une fantastique économie de casino avec les conséquences que l’on connaît jusqu’à la dernière crise financière. Le capitalisme financier transnational ne porte pas seulement en lui les germes de conséquences sociales effrayantes (explosion des inégalités de richesse, appauvrissement des Etats, tensions géopolitiques), mais provoque également une crise écologique qui met aujourd’hui en péril l’avenir même de l’humanité.

mardi 21 février 2012

Sénégal 2012 : élection présidentielle à hauts risques

Une nouvelle génération entre en mouvement pour la démocratie et contre les politiques libérales. Militant sénégalais collaborateur du bulletin « Afriques en lutte », Moulzo nous apporte son analyse. (1)
Manifestation à Dakar contre la candidature de A. Wade le 31 janvier 2012. Reuters/Stringer


Le 27 janvier 2012, le conseil constitutionnel du Sénégal, composé de cinq membres, valide la candidature d’Abdoulaye Wade pour une troisième candidature aux élections présidentielles. Les opposant-e-s au régime de M. Wade l’accusent de ne pas respecter la constitution de 2001 qui limite le nombre de mandats à deux alors que M. Wade considère que son premier mandat de 2000, obtenu avant la nouvelle constitution ne fait pas partie du décompte de mandats autorisés. Depuis plusieurs mois, un débat de constitutionnalistes fait rage à Dakar, tandis que des avocats français étaient appelés à la rescousse par le Président Wade, qui comptait se représenter coûte que coûte aux prochaines élections présidentielles. Pari réussi donc. Cependant, de violentes manifestations ont tout de suite suivi à Dakar la déclaration du Conseil constitutionnel entraînant la mort d’un jeune policier. La France ainsi que d’autres pays occidentaux comme les Etats-Unis sont très inquiets de la situation sénégalaise. Paris, à travers la voix de Bernard Valero, porte-parole du Quai d’Orsay appelle les leaders sénégalais « au sens des responsabilités, à la retenue et à éviter toute forme de violence ». Le mois de février 2012 sera donc crucial pour le Sénégal, pays de quelques 14 millions d’habitant-e-s et qui, fait assez rare en Afrique post coloniale, n’a jamais connu de coup d’Etat militaire.