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jeudi 19 janvier 2012

Démondialisation : que faut-il déconstruire ?

Stéphanie Treillet, Lignes d’Attac,  28 décembre 2011

Deux questions interdépendantes semblent utiles pour ce débat :
• Pense-t-on que les attaques contre le salariat et la dégradation du rapport de force que nous avons connues au cours des dernières années proviennent directement de la mondialisation en tant que telle?
• Cette première question nous conduit à tenter de préciser ce qu’on entend par mondialisation et les mécanismes par lesquels elle agit pour transformer les économies. 
La mondialisation, en effet, n’apparaît pas comme un rouleau compresseur face auquel les gouvernements des États-nations seraient impuissants, et contre lequel il conviendrait de leur restituer des armes. Ceux-ci constituent au contraire les instruments et les médiations, indispensables au capital, de la mise en concurrence généralisée des travailleurs et de tous les systèmes productifs et sociaux sur toute la planète.
Ajoutons qu’il importe de distinguer ce qu’il faut faire à présent, dans le contexte de gouvernements pratiquant des politiques néolibérales et d’austérité, et dont on ne voit pas pourquoi ils y renonceraient à l’abri de barrières protectionnistes, de ce que pourrait ou devrait faire une gouvernement entreprenant une rupture avec ces politiques et une transformation sociale véritable, et décidé à défendre ce processus contre des mesures de rétorsion.
Au coeur de la confrontation capital-travail de ces trente dernières années et des mécanismes qui ont conduit à une diminution d’environ 10 points de la part des salaires dans la valeur ajoutée, il y a le chômage de masse, la précarité et le sous-emploi.

mercredi 26 octobre 2011

Appel pour un audit citoyen de la dette publique

Aujourd'hui 26 octobre, le Collectif national pour un audit citoyen de la dette publique publie son appel constitutif. Il invite tous les citoyens à signer cet appel et à s'engager dans la démarche de l'audit citoyen pour que la dette publique fasse enfin l'objet d'un vrai débat démocratique, au plan local, national et européen. Le Collectif pour un audit citoyen est composé d'une vingtaine d'organisations syndicales et associatives, et soutenu par plusieurs formations politiques. Il tiendra une conférence de presse à Nice, le 2 novembre à 12h, lors de l'alter-forum qui précèdera et contestera le G20. Pour signer en ligne l'appel : www.audit-citoyen.org/
Écoles, hôpitaux, hébergement d'urgence… Retraites, chômage, culture, environnement... nous vivons tous au quotidien l'austérité budgétaire et le pire est à venir. « Nous vivons au-dessus de nos moyens », telle est la rengaine que l'on nous ressasse dans les grands médias. Maintenant « il faut rembourser la dette », nous répète-t-on matin et soir. « On n’a pas le choix, il faut rassurer les marchés financiers, sauver la bonne réputation, le triple A de la France ».

jeudi 10 février 2011

« Où va le NPA ? »


Clémentine Autain, Cerises, n° 95, 4 février 2011.


Loin des promesses initiales d’une force large d’un nouveau type, le premier Congrès du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui se tiendra du 11 au 13 février, s’annonce… tendu.

Le texte de présentation de la position de la majorité sortante commence par cette phrase : « Ceux qui cherchent à enterrer le NPA en seront pour leur frais ». Une posture défensive qui signe les difficultés internes et externes rencontrées par la jeune organisation. Créé à partir de feu la LCR à la faveur du succès du jeune facteur Olivier Besancenot, le NPA semblait à ses débuts avoir éclipsé le reste de la gauche radicale. Il promettait d’agréger les « héros du quotidien », de mêler les différentes cultures de la gauche critique et de faire du neuf par la refonte d’un « éco-socialisme du XXIe siècle ».
En 2008-2009, c’était l’enthousiasme, à grand renfort de médias. En ce début 2011, c’est déjà l’heure des comptes. Le NPA a-t-il raté son pari ? Quels choix d’orientation se jouent à ce Congrès, pour le NPA et pour l’avenir de l’autre gauche ? [...]

« Lettre à mes anciens camarades du NPA qui vont tenir congrès »


Raoul Marc Jennar (sans affiliation à un parti politique), blog Médiapart, 8 février 2011.


Après les élections européennes où le NPA a connu une cuisante défaite, l’unité de la gauche de gauche semblait à l’ordre du jour au sein du parti. A la veille des élections régionales, des initiatives heureuses avaient été prises.
Mais en fin de parcours, les vieux réflexes ont repris le dessus et le NPA est allé seul aux élections campé dans sa pureté doctrinale et stratégique. Certes, les partenaires possibles n’ont pas toujours facilité le rassemblement, loin de là. Mais qui a dit que l’unité serait un long fleuve tranquille ?
Et pourtant, le calcul de ce qu’aurait donné l’unité aux européennes aurait du faire réfléchir : les Le Pen père et fille n’auraient pas été élus, la gauche de gauche française aurait représenté à elle seule (sans compter ses partenaires dans d’autres pays) un poids significatif. Et pourtant, le Limousin a offert le superbe exemple, aux directions nationales du NPA comme du PCF, que loyauté et unité sont possibles entre partenaires de cultures politiques différentes. [...]